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2013

L’OR BLEU

Elle est la source, l’unique source de vie. Elle est nuage. Elle  devient pluie, elle devient rosée. Elle abreuve les sols. Elle désaltère les hommes. Elle embrume  les forêts. Elle sourd,  elle jaillit, elle ruisselle, elle roule, elle déferle  de rivières en fleuves, se perd dans l’immensité des océans, redevient nuage,  redevient pluie, source et larmes de vie. L’EAU, l’OR BLEU et, sous la poésie des mots, l’Enjeu, juridique, technologique, économique et politique des vingt années à venir.

Politique car, abondance ici,  pénurie ailleurs, des pouvoirs sont partout en jeu, lesquels  impliquent de  décider de qui, en amont et en aval d’un cours d’eau ou des deux rives d’un lac, est en droit de contrôler et de réguler le pompage et  la distribution des eaux disponibles. Décider également de qui, est ou n’est pas  en droit d’exploiter un  nappe phréatique,  de détourner un fleuve, de  construire un barrage. Décider, et, surtout, veiller au respect des conventions et dispositions internationales sensées neutraliser les appétits  territoriaux et financiers  des protagonistes.

Juridique car, l’eau ne se définit plus seulement comme l’élément indispensable à la survie des organismes vivants. Des batailles sont  engagées pour déterminer s’il convient de la considérer comme un droit ou comme un besoin. Dans le premier cas, son exploitation et sa préservation relèveraient de la compétence d’une ou plusieurs institutions supranationales. Dans le second, elle deviendrait un bien  commercial comme un autre, exposé  à ce titre aux lois du libre marché et du plus grand profit. Nestlé et Danone sont déjà respectivement n°1 et N° 2 mondiaux de la vente d’eau en bouteilles. Au Mexique l’adjudication des puits se fait aux enchères. On ne joue pas avec l’eau.

Technologique car, les réserves d’eau douce de la planète qui, en 1960,  étaient de 9m3 par jour et par personne, ne seront plus que de 2m3 en 2030. Actuellement 1 habitant  sur trois dépend des eaux de forage. 1 mia. de personnes  ne disposent pas des 20 litres quotidiennement nécessaires à leur survie. En résulte que, dans certaines contrées, l’eau dépend d’un matériel de plus en plus sophistiqué pour  être puisée, parfois en deçà des niveaux du pétrole.  Elle doit aussi être  stockée, transportée, traitée, ce qui implique de construire des barrages, des réservoirs et des aqueducs, aménager des laboratoires et des stations d’épuration. Aujourd’hui,  ils sont 1,5 mia. à ne pas avoir  accès à l’eau potable. Dans vingt ans, si rien n’est fait, ils seront 2 mia.

Economique car, qu’on le veuille ou non, l’eau devient et deviendra toujours plus disputée, plus comptée  et  plus coûteuse, rendant toujours plus dépendants et amers ceux qui en manqueront. A cela plusieurs raisons. Actuellement, sur 100 litres d’eau, 10 litres vont à l’usage domestique, 20 à l’industrie,  70 à l’agriculture.  S’il faut 750 l d’eau pour fabriquer une rame de 500 feuilles de papier, de quoi assurer le minimum hydrique d’un être humain pendant 37 jours, il  en faut 35000  pour fabriquer une voiture, soit la quantité nécessaire à la production de 8kg de riz ou 25 kg de blé. Et cela alors que l’Egypte et l’Iran importent 40% de leurs céréales, l’Algérie 70%. On n’est pas toujours responsable de son manque à manger. Or, d’ici à 2030, la population mondiale aura atteint, voire dépassé, les 9 mia. d’individus. Faute d’équipements et de terres irriguées en suffisance, un tel galop démographique ne peut que générer famines, épidémies, exode et embrasement.  En regard de quoi, d’énormes  investissements  sont d’ores et déjà nécessaires que seuls les capitaux privés sont en mesure d’assurer. L’équivalent de 200 mia. de dollars selon les experts boursiers. Une manne pour les spéculateurs, un abîme financier et politique pour les démunis de la mondialisation.

Dès lors, point n’est besoin d’être grand expert pour comprendre les déséquilibres et les conflits qui pèsent déjà sur l’avenir. Des choix sont à faire dont on aimerait qu’ils trouvent les  sages capables d’en comprendre l’urgence. D’autres seront à faire dont on peut se demander qui, des armes ou du bon sens, en décidera.

De livre en livre

L’univers littéraire est inépuisable. De l’essai, au roman en passant par la poésie on ne peut tout embrasser. Pour ma part je me laisse porter, d’un auteur, d’un texte à l’autre, et plus j’avance plus je rejoins Umberto Ecco lorsqu’il écrit dans le Nom de la Rose que les livres parlent entre eux. Il suffit, en effet, de se glisser dans leur dialogue pour découvrir les multiples facettes d’une sempiternelle vision des hommes et du monde. Tout y est dit, redit, repensé et débattu à l’infini, comme si les millions de pages jaillies dans l’esprit humain étaient condamnées à se noyer dans le fouillis de la mémoire collective. Pour preuve, ces ouvrages de retour sur ma table de travail : « l’Age des Extrêmes » d’Eric Hobsbawm

« Les êtres humains ne sont pas conçus pour un système de production capitaliste. Plus la technologie progresse, plus la part humaine de la production devient onéreuse en comparaison de sa composante mécanique »   « Small is beautiful » de E.F Schumacher «  L’économiste moderne en est arrivé à considérer désormais le travail comme un mal nécessaire, ou à peine plus. Pour l’employeur, c’est en tout cas un simple élément de coût qu’il convient de réduire à un minimum, faute de pouvoir l’éliminer complètement disons par l’automation » « La fin du Travail » de Jeremy Rifkin. « Plus de 800 millions d’êtres humains sont actuellement sans emploi, ou sous-employés. Ce chiffre va vraisemblablement grimper en flèche d’ici au tournant du siècle, car des millions de nouveaux arrivants sur le marché du travail ne trouveront pas d’emploi, victimes souvent d’une révolution technologique qui les remplace à grande vitesse par des machines dans la quasi-totalité des secteurs et des branches de l’économie mondiale » Un même constat : en regard des innovations technologiques et les lois de la rentabilité, le travail humain n’est qu’un facteur de coût qu’il importe de supprimer.

Alors question ? Que fera-t-on des bougres livrés à leur inutilité et l’infini de leur espace temps ? Aldous Huxley a déjà répondu dans son introduction au Meilleur des Mondes « En vérité, à moins que nous ne nous décidions à décentraliser et à utiliser la science appliquée, non pas comme une fin en vue de laquelle les être humains doivent être réduits à l’état de moyens, mais bien comme le moyen de produire une race d’individus libres, nous n’avons le choix qu’entre deux solutions, : ou bien un certain nombre de totalitarismes nationaux, militarisés ayant comme racine la terreur de la bombe atomique (…) ou bien un seul totalitarisme supra-national suscité par le chaos social résultant du progrès technologique et se développant sous le besoin du rendement et de la stabilité ».  La rue, comme on il es t convenu d’appeler quiconque, vous ou moi, circule dans l’existence, la rue donc,   ferait bien de se plonger dans ce genre de lectures. Elle comprendrait mieux les enjeux cachés sous l’entêtement de leurs élus et des technocrates de Bruxelles, l’arrogance des princes de l’économie mondiale. Sa résistance y gagnerait en appréciation de l’ennemi et donc en intelligence…

Autres sujets autres lectures bavardes

« Mahomet et Charlemagne » d’Henri Pirenne. Une plongée dans les violences, gloires et déclins des temps médiévaux. Un aperçu (un peu trop cultureux !) parmi tant d’autres, des sempiternels mouvements de balancier des civilisations.

« Le christianisme hédoniste ». Le livre de Michel ONFRAY, philosophe et fondateur de l’Université Populaire de Caen. Un voyage chez les marginaux et alternatifs de la spiritualité d’Epicure à Montaigne. Une visite chez les libres-penseurs et réformateurs. Une incitation à relire Erasme et Montaigne. Je n’ai jamais su apprécier les circonvolutions égotiques des Essais, je préfère de loin l’insolence et l’irrévérence toute voltairienne de l’Eloge de la Folie « et voici d’autres questions réservées aux grands théologiens, aux illuminés, comme on les appelle et qui, lorsqu’elles se présentent, réveillent leur imagination : Dieu aurait-il pu prendre la forme d’une femme, d’un diable, d’un âne, d’une citrouille ou d’un caillou ? Alors comment une citrouille aurait-elle pu prêcher, faire des miracles, être crucifiée ?… Après la résurrection sera-t-il permis de boire et de manger ?qui se douterait, par exemple, qu’il n’est pas chrétien de dire que les deux phrases suivantes : pot de chambre, tu pues et le pot de chambre pue, ou bien la marmite bout et elle bout la marmite, ont la même signification , si ces sages (les théologiens) ne l’eussent démontré »

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2014

AVRIL

A chacun son referendum

16 avril 2014… Appelés aux urnes le 29 novembre 2011, 53,4% des suisses inscrits sur les listes électorales ont choisi d’interdire la construction de minarets sur leur territoire. Le 9 février 2014 c’est avec un taux de participation de 55,8% qu’ils ont décidé, à une étroite majorité de 50,3% de limiter l’immigration. Scandale, incompréhension, admonestation ! Mais pour qui se prennent-ils ces helvètes ? Et bien, n’en déplaise aux fâcheux, tout simplement, pour une population rôdée aux pratiques d’une authentique démocratie, à savoir d’une forme de gouvernement gérée par et pour le peuple, et donc habituée à rappeler à ses élus qu’ils sont d’abord leurs représentants. Car, oui, en Suisse, on ne se contente pas d’élire ses députés pour les laisser ensuite mener les affaires du pays à leur guise. Régulièrement le débat est ouvert, sur tous les sujets, qu’il s’agisse des modalités de financement du réseau ferroviaire, de la protection des eaux, de l’achat d’un avion de chasse ou du prix de la vignette autoroutière. Conformément au droit d’initiative, partis et associations se démènent à travers villes et cantons pour récolter auprès des citoyens le nombre de signatures nécessaires. 100000 s’il importe de modifier la Constitution, 50000 s’il faut introduire ou modifier un texte dans l’arsenal législatif national. Et on vote !!! Le rêve pour bien des habitants du royaume schengenien où, il est plutôt d’usage de statuer et légiférer en haut lieu pendant que les lambdas se débattent à coups de petitions, grèves et de tonitruantes manifestations. Le rêve aussi en regard du droit de referendum consenti aux français depuis le 1er janvier 2014 Qu’on en juge… Tout d’abord un texte de loi ne peut passer par la voie référendaire qu’après examen, dans un délai prescrit par le Sénat et l’Assemblée Nationale et sur demande de 185 députés (soit un cinquième environ du parlement) Suite à quoi, et sous réserve de la décision préalable du Conseil Institutionnel d’approuver ou non le décret de convocation, ledit texte devra avoir recueilli 4,5 milllions de signatures (un dixième de l’électorat) pour qu’il soit enfin envisagé de tenir compte de la volonté populaire … Une farce !

De l’avis de Marie-Thérèse

Marie Thérèse est mauricienne. Il est dix heures du matin. Le chiffon à la main, elle bavarde, raconte. Etablie en Suisse depuis une dizaine d’années, elle gagne sa vie en faisant des ménages, légalement, très légalement. Elle habite avec son conjoint dans l’un de ces grands immeubles des cités de la périphérie. Pas toujours agréable la vie dans ces quartiers là. Du bruit, du désordre et parfois des bagarres et souvent, trop souvent, presque toujours, à cause de ces gens de l’Est dont on préfère ne pas trop savoir ce qu’ils font de leurs journées. Des assistés sûrement, avec des tas de gosses vraiment malpolis. Et Marie-Thérèse d’ajouter :

– C’est que du voyou tous ces gens. Je dis çà. C’est sûrement pas très correct. Mais, moi, vous voyez, moi, je suis noire, on va quand même pas dire que je sui raciste. On m’a appris à respecter les autres, Voilà!

Raciste !

Le mot était lâché en même temps qu’il se définissait de lui même, non comme la haine et le mépris délibéré du prochain mais comme l’indignation soulevée en soi par l’incapacité de certains à se fondre humblement dans le savoir être et vivre ensemble préconisé par l’article 29 de la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme.

“Article 29

1. « L’individu a des devoirs envers la communauté dans laquelle seul le libre et plein développement de sa personnalité est possible. 2. Dans l’exercice de ses droits et dans la jouissance de ses libertés, chacun n’est soumis qu’aux limitations établies par la loi exclusivement en vue d’assurer la reconnaissance et le respect des droits et libertés d’autrui et afin de satisfaire aux justes exigences de la morale, de l’ordre public et du bien-être général dans une société démocratique. 3. Ces droits et libertés ne pourront, en aucun cas, s’exercer contrairement aux buts et aux principes des Nations Unies. »

MAI

Le choc du désenchantement

Disons le crûment, au matin du 26 mai 2014, l’Europe s’est réveillée avec la gueule de bois. Frontistes, populistes, souverainistes, europhobes, nationalistes et comperes venaient de mettre le pied dans la porte du Parlement Européen. Dans la volière affolée de la presse et des politiques on s’arrachait les micros pour appeler aux armes. Car oui, il y avait grand péril. Péril de voir une extrême-droite triomphante saper l’édifice de paix et de prospérité qu’un demi-siècle de patientes négociations peinait encore à bâtir sur les sinistres décombres de la guerre. Péril, et surtout urgence à installer les chefs, neutraliser les antagonismes, resserrer les rangs et organiser au mieux les alliances susceptibles de maintenir en place une majorité chancelante. Réveil difficile donc pour quelques 213 élus pro-européens qui, bien que conscients de devoir “reconquérir des électeurs”, semblent vouloir ignorer qu’il est toujours possible de gouverner sans le peuple mais jamais contre lui “Une politique de compétitivité, de croissance et d’emploi est la meilleure réponse au mécontentement” “Ce n’est pas l’Europe qui doit changer. Ce sont les états” L’affaire est entendue. Angela Merkel, qu’on ne présente pas, l’a dit. Viviane Reding, Vice Présidente de la Commission Européenne, le confirme. Les mots d’ordre resteront les mêmes. On ne reverra pas la feuille de route. Et qu’importe les bouleversements dont peut souffrir le citoyen. La question qu’Alvin Toffler formulait dans son ouvrage “Le Choc du Futur” (Denoel – Coll Mediations p 534), cette question, la seule qu’il importerait sans doute aujourd’hui de clairement poser aux citoyens de cette Europe en déconfiture, on ne la posera pas.

Dans quel monde voulez-vous vivre demain?

A l’évidence, elle impliquerait de rappeler aux édiles qu’avant d’être les décideurs, ils sont d’abord les représentants des intérêts et attentes de leurs administrés. Elle contraindrait ces mêmes édiles à se défier de cette posture très répandue, qui consiste à se pavaner en maître-expert face à des peuplades de décrétés incompétents. Elle imposerait d’appliquer les règles d’une authentique démocratie où, contrairement à ce qui se fait généralement sous couvert de mandat, rien ne devrait se décider en cénacle fermé, sans consultation ni débat préalable avec les intéressés. On peut répondre ici que ce qui, par voie d’initiative ou de referendum, est applicable à 7 millions de Suisses ne peut l’être à 7 milliards de terriens. Vraiment ? En 1980, dans son analyse des formidables bouleversements et changements sociétaux qui se préparaient à travers la monde (La Troisième Vague – Denoel p542), le même Alfin Toffler écrivait :

A l’heure actuelle, la désillusion largement partagée , la colère et l’amertume contre les gouvernements peuvent aussi bien se transformer en fureur frénétique et sectaire à l’appel de démagogues en mal de d’autoritarisme que devenir l’aliment d’un processus de reconstruction de la démocratie. En engageant une vaste campagne pédagogique – un essai de démocratie anticipatrice dans un grand nombre de pays simultanément. (…) nous pouvons exercer des actions stratégiquement localisées sur les appareils politiques existants afin de hater les changements qui s’imposent. Sans cette formidable pression s’exerçant de bas en haut, n’espérons pas que les actuels dirigeants en titre – présidents et hommes politiques, sénateurs et membres des comités centraux – se bousculent pour faire le procès d’institutions qui, si caduques soient-elles, sont pour eux sources de prestige et de richesses, sans compter qu’elles leur donnent l’illusion du pouvoir (…)C’est donc nous qui en definitive sommes comptables du changement”Alors ?

Et si nous nous la posions cette question ?Dans quel monde voulons-nous vivre demain ?

JUIN

D-DAY

En ces journées de commération Il serait peut-être bon de reprendre la lecture de l’Histoire à travers les archives aujourd’hui largement ouvertes à qui veut se donner la peine de sortir de ce qu’on est presque tenté d’appeler la légende du D-DAY. Certes, un grand jour ce D-DAY s où des milliers d’hommes ont été jetés sur les plages de Normandie sous le feu des canons et de la mitraille ennemie. Une offensive véritablement hallucinante dont l’audace et le génie tend malheureusement un peu trop à faire oublier qu’elle n’a été qu’une phase, parmi les plus sanglantes, d’une terrible guerre qui, commencée au portes de la Pologne, le 1er septembre 1939 devait s’achever au matin des 6 et 9 août 1945 dans l’enfer d’Hiroshima et de Nagasaki, après avoir totalisé 18 millions de victimes sur le seul front russe.

S’il est juste d’honorer ceux qui ont sacrifié leur vie et leur jeunesse pour que triomphent la paix et la liberté, il conviendrait de ne pas oublier le sang et les larmes dont se payent les plus glorieuses victoires. Pour ce faire, il suffirait de se pencher sur l’effrayante approximation du bilan humain dressé au terme de ces six années de folie meurtrière. Entre 60 et 80 millions de morts. A quelques 20 millions près. Hommes, ou femmes, jeunes ou vieux, civils ou militaires, de tout âge, de toutes nationalités., recensés comme autant de témoins ordinaires de l’incapacité de l’espèce à se gérer en paix autrement que par la barbarie.


JUILLET

Aux grandes heures de l’Histoire

Le 28 juin 1914 l’archiduc d’Autriche Français Ferdinand et son épouse Sophie Chotek ont été assassinés à Sarajevo par deux jeunes terroristes nationalistes membres de la Main Noire, une organisation clandestine manipulée en haut lieu par les services secrets serbes et soutenue en sous-main par la Russie dans son projet d’une Grande Serbie détachée de l’empire austro-hongrois.

En ce matin du 5 juillet 2014, après son entretien avec l’empereur d’Allemagne Guillaume II, l’ambassadeur autrichien se retire satisfait. L’Autriche peut décider de porter une guerre punitive en Serbie, l’Allemagne soutiendra l’Autriche. Guillaume II aussi est satisfait. Il est persuadé que la Russie n’a pas les moyens militaires d’entrer dans le conflit. Il rejoint donc son yacht en partance pour une croisière le long des côtes norvégiennes.

 24 octobre 1929

 La grande euphorie boursière s’achève… 400 agents de police montée s’efforcent de contenir la foule rassemblée autour de la Bourse de New-York. Plus de dix mille personnes, investisseurs, épargnants, gros et petits rentiers qui assistent impuissants à l’effondrement de Wall Street. Seule l’intervention de J.Edgar Hoover,Président des Etats Unis, ordonnant la clôture de la Bourse et donc la suspension des opérations de vente pourrait enrayer le désastre. Mais le Président est injoignable… Il est en vacances… à Hawaï !

6 juin 1944

Il est 3h00…

Hitler est allé se coucher. Parlant de la soirée passée avec lui et quelques proches, Goebbels écrit dans son journal “Nous sommes restés assis autour de l’âtre jusqu’à deux heures du matin à échanger des souvenirs, à évoquer avec plaisir les nombreuses journées et semaines agréables passées ensemble. Le Fuhrer s’enquiert de ceci ou de cela . Dans l’ensemble, l’atmosphère est celle du bon vieux temps”

Il est 3h14…

Le débarquement allié vient de commencer sur les plages de Normandie.

Il est 10h00…

Plus ou moins convaincu qu’il s’agit d’une manoeuvre de diversion menée par les ennemis pour détourner les troupes allemandes du véritable lieu de débarquement, l’Etat Major hésite encore à réveiller le Fuhrer.

Dimanche 13 août 1961

Il est 1h54…1h55… 2h00…

Les nouvelles tombent au commissariat de Tempelhofer Damm. Le trafic ferroviaire est interrompu en limite de zone soviétique. Trains et metros sont bloqués, les passagers priés

de descendre, les billets remboursés. Des centaines de vopos et policiers armés de mitraillettes sont déployés à la Porte de Brandebourg. L’opération de bouclage de Berlin Est vient de commencer.

Il est 12h30… Heure locale.

Le Président des Etats Unis, JF KEennedy est sur son yacht à Hyannis Port. Encore furieux d’être aussi tardivement informé, il dicte une déclaration de presse à Dean Rusk, son ministre des affaires étrangères “Il est clair pour le monde entier que le verrouillage de Berlin Est est une défaite du système communiste. Le régime de l’Allemagne orientale de Ulbricht est responsable de l’emprisonnement inhumain de sa propre population” puis il se retire “Maintenant, Je vais faire de la voile. Allez comme prévu à votre match de baseball

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