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… Ce matin il y a  trois créatures  dans les nacelles de l’Impasse aux Chats. Une première tendrement enveloppée d’un burnou blanc, une seconde langée de cotonnade fleurie et une troisième roulée dans des torchons, encore tout sanglante et glaireuse, un ver à peine expulsé des entrailles de la mère, à quelques pas de là sans doute, dans l’une de ces cellules qui baillent par centaines dans les Cités. Mort peut–être. Geneviève le prend, le secoue. Il se raidit en geignant. Un larve prête à s’agripper à la tiédeur d’une mamelle, qui cherche le cri arrêté au fond de sa gorge. Au-dessus  des berceaux, une sonnette. Contrairement à l’habitude ni course précipitée, ni bruit de  clefs qui  démontent  le jeu des serrures. De part et d’autre de la porte, le mur  monte, hermétique, jusqu’à deux mètres, enfoui dans un fouillis de bambous et de lianes desséchées, empêchant de voir ou d’appeler. Geneviève  a arraché le drap plié dans la nacelle. Elle emballe le nouveau-né qui a trouvé le  cri et s’étrangle de fureur. Il faut redescendre l’impasse, longer toute la façade principale, rejoindre la porte de la conciergerie, s’agacer à jouer des codes de l’interphone pour alerter enfin quelqu’un. Par chance Julian est à genoux au milieu de la pièce, occupée à rincer et tordre une serpillière. Pour une fois elle n’a pas d’écouteurs dans les oreilles. Elle a levé la tête. Elle est myope sous les lueurs ahuries de ses lunettes mais elle a reconnu Geneviève et se précipite.

– Mais pourquoi vous passez par là ?

–  Allez dans l’impasse  il y en a encore deux autres.

–   Et celui là ! Ma parole il est tout frais sorti.

–    C’est cela. Allez dépêchez-vous.

On s’active dans la cour et les couloirs, dans le grand escalier, jusque dans le hall d’accueil, pour langer les nourrissons, conduire les plus petits au bain,  accompagner les grands au réfectoire. Des  groupes qui se croisent et se démêlent, trottinant et babillant. En pyjamas jaunes et serviettes blanches sur le bras. En shorts bleus et chemisettes blanches, casquettes  de travers, huppes blondes nouées sur la tête.

La nursery est déserte. Geneviève a couché  le nourrisson  sur la table d’examen  et doucement  le débarrasse de ses chiffons. Il tourne la tête, tend le cou, se replie en grognant. Il guette, une odeur, un ronronnement  qui le guiderait, qui l’inciterait à  ramper vers un peu de tiédeur. Et Geneviève sourit. Rien à faire. Même  des centaines de fois répété, le choc  est toujours le même. Ce regard aveugle qui hume le vide, ce petit corps marbré du sang de la mère, sans défense, diaphane, roulé, soulevé par des vagues de rumeurs et d’éclats  entrechoqués, cueilli tout frissonnant  par les ondes molles qui fondent et se retirent autour de lui…

–Allez viens bonhomme. Donne-moi la main.

Les doigts se sont refermés sur les deux index glissés contre les paumes et l’enfant s’abandonne, suspendu, tête à la renverse.

–Bravo. Tu es bien vivant.

Une voix fredonne, se rapproche.

Dorothée à dû rencontrer Julian. Elle déboule dans la salle, un bébé  dans chaque bras qu’elle décharge  sur la table et déballe comme elle le ferait de paquets.  De grands gestes bien rythmés, bien larges pour arracher couches et brassières, soulever, tourner, tapoter, savonner, rincer. Elle est déjà au courant pour le dernier venu.

– Le pauvre chou ! Entre tous les mammifères, il n’y a que des femelles d’humain pour mettre bat et se sauver de cette manière. Faut que tu ailles Geneviève… Mademoiselle t’attend au secrétariat.

Et poudrer, et rouler. Et à plat ventre le bébé. Et sur le dos le bébé. Et on passe la manoune par là et on donne l’autre manoune et hop ! Mais qu’est-ce  que c’est ?  Qu’est-ce que c’est que ce  vilain petit museau tout chiffonné de colère ? C’est comme ça qu’on remercie Dorothée qui vous fait tout beau, tout propre et qui va s’occuper du biberon ?

– Si tu  veux y aller je finis avec ton poussin.

Et maintenant zou le pitchounet ! Dans le couffin le pitchounet. Et on passe à l’autre chaton ! Et voyons voir d’abord combien pèse ce petit prédateur ?

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Geneviève presse le pas. L’administration s’est installée dans l’annexe autrefois réservée à l’hébergement du personnel, un petit immeuble accolé aux entrepôts d’une ancienne usine de cartonnage. Les bureaux de la  direction occupent  le deuxième et dernier  étage, isolée des sonneries, brouhahas et autres tumultes de secrétariat cantonné dans les locaux du rez-de-chaussée. On n’y travaille jamais autrement que les stores rabattus ceci afin de ménager l’hypersensibilité oculaire du directeur. Alan Brett. Un rouquin, dit Brett le Rouge. Psychologue et fonctionnaire  en fin de carrière, politique à ses heures, membre actif  et honoraire de plusieurs instances  locales pour l’entraide et la réinsertion, le bonhomme avait eu le bon goût de rencontrer  Gabriel Esteban. En plein vol, entre San Francisco et Rotterdam, alors que ce dernier était justement en quête  d’une personnalité  intéressée à gérer un futur centre d’accueil pour orphelins et jeunes mères en détresse. Une offre à ne pas sous–estimer. Mademoiselle attend au pied de l’escalier. Au-dessus, la voix de Brett exaspérée par les pleurnichements de la secrétaire qui ne sait trop comment envoyer  davantage d’air frais.

–  Regardez si vous ne me croyez pas. Je  vous dis que la climatisation est à fond. Regardez. Qu’est-ce que vous voulez que je fasse? Vous auriez moins chaud si vous étiez un peu moins énervé.

–  Bon allez !  Allez !  Sortez ! Sortez d’ici. Je vous ai assez vue.

Une  porte a claqué, violemment repoussée du pied.

–  Plutôt nerveux le mec.

La secrétaire a disparu, renvoyée  à sa niche paperassière. Mademoiselle entraîne Geneviève vers le  cagibis qui lui sert de bureau lors de ses visites  à l’Orphelinat.

–Laisse la porte ouverte.

– Alors ?

Mademoiselle a enlevé ses lunettes, un geste que Geneviève est sans doute la seule à lui connaître.

– Alors la mère  est venue me voir hier soir pour me dire que sa fille avait passé la frontière, qu’elle était chez des cousins…

– Et j’imagine qu’elle  était  terriblement malheureuse, terriblement inquiète, et que ni elle ni le papa n’avait les moyens de restituer les dollars encaissés et qu’elle demandait pardon. Les idiots… A leur place j’irais plutôt prier pour que rien n’arrive à ma fille.

Mademoiselle a remis ses lunettes, allumé  l’ordinateur. Activée par  la course du curseur, une page apparaît  opaque et blanche, découpée  sur lit de lumière verte. Mademoiselle a reculé sa chaise.

–  Voilà… Guadalupe Alvarez… Elle doit  se présenter mardi prochain  à la première   visite de contrôle. Elle devrait être enceinte de quatre semaines mais a  certainement fait le nécessaire  pour ne plus l’être. S’ils la retrouvent,  son cas  pourrait  bien  servir de leçon aux petites malignes  tentées de suivre l’exemple.

– Il faut réfléchir.

–  Réfléchir ? Je vois mal  ce que nous pourrions faire pour cette écervelée. Il faut que je parte. On m’attend au dispensaire…

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…Tu lui as dit à Jaime ?

–  Quoi ?

–  Pour les bébés.

– C’est pas ses affaires.

–  Tu seras bien obligée.

–  Dis donc,  t’as rien compris…

–  J’ai pas compris quoi?

Reggie a éclaté de rire.

–  Non. T’as rien compris Bonnie. La Mère elle va pas faire ce qu’elle veut avec moi. Elle a besoin d’une bonne baffe la Mère. Et je te promets qu’elle va l’avoir sa baffe parce que moi tu vois,  plaff, dans la tronche.  Je vais pas me laisser faire. Tu viens? On coupe.

Une enfilade d’arènes ombreuses, des  cours intérieures hantées par les bandes  de chiens et de corneilles qui à jour durant viennent y disputer leur part de détritus, des enclos de silence où la vie rôde, menaçante,  remontée du bitume, exsudée des murs, à l’affût dans les trouées des fenêtres, haleines et regards mêlés  en  un flux invisible de présences furtives. Elles allongent le pas, pour ressortir dans la tranchée incandescente  de la Grande Avenue, l’espace mugissant de mille moteurs surchauffés qui défend la ville contre les  assauts délétères de la misère. Ici, il faut prendre par la droite, longer les palissades qui enferment les décombres des Soutes, puis, tout de suite après le deuxième bloc, partir en biais sur la gauche. Le dispensaire est en  bout de rue…

Comme chaque jour, l’attente a commencé, rassemblée par petits groupes. Des  femmes surtout, des enfants, quelques hommes aussi, des  vieux pour la plupart, debout, assis le long du mur. Des passants jettent de la piécette en riant, de la miette d’aumône qu’on repousse  du pied dans le caniveau. Les corps se frôlent en grognant. Les insultes fusent, les gestes maudissent grossiers, dérisoires et  le temps déambule sur l’asphalte nu et d’une bouche à  l’autre, glissent des grimaces, des soupirs que le silence écrase comme des mégots. Et dans cette foule, les élues. Celles  qui ont reçu la prime, quelques dollars, à titre d’intéressement, qui gagneront bien davantage si elles ont la chance d’être définitivement sélectionnées pour louer leur ventre et qui se disent que même si c’est pas vraiment le gros magot,  c’est déjà de quoi les soulager d’un peu de misère. Elles se moquent de ce qu’on peut mettre  à mûrir dans leur chair. D’ailleurs, on leur a bien expliqué, répété, cent fois. Elles n’ont aucun souci à se faire, aucune inquiétude à avoir. A la naissance, elles  ne verront même pas le bébé. Tout est prévu pour l’adoption. A l’étranger, et s’entend,  dans de très bonnes familles. Cela aussi les docteurs l’ont promis, en précisant bien toutefois que pour cette fois  on n’en sélectionnera que cinq, les plus saines et les plus vigoureuses. Cinq et deux suppléantes pour le cas où les examens hormonaux révéleraient quelque mauvaise maladie, pour le cas aussi où il y aurait des défections. Sept donc, pas une de plus, mais elles seront de celles-là, c’est certain. Alors elles s’observent, se flairent, hument l’intime luxuriance de leurs  effluves rivales,  enragées soudain du désir sournois d’étriper les plus jeunes, ces gamines sanglées dans l’arrogante illusion d’être de premier choix, ces  matrices  insolemment fécondes venues pour leur disputer le pactole.

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…  Dis Jaime, tu y crois toi à ces histoires d’Apocalypse?

–  L’Apocalypse ? Je sais pas.

–  C’est quoi pour toi l’Apocalypse ?

–  J’sais pas moi. Des volcans qui explosent, des rochers qui dégringolent du ciel  et qui font tout péter. Du feu, de la flotte dans tous les coins  et tout qui crève.

–  Tu n’as pas peur quand tu y penses ?

–  Pas vraiment. C’est comme ça. Ya rien qui dure. Faut que tout soit bousillé parait, pour faire de la place.

Le soleil  a percuté de plein fouet les miroirs d’un gratte-ciel et l’espace s’est soudain embrasé de mille éclats bombardés.  L’agitation est grande parmi les touristes. Ils gloussent et jacassent  entre deux prises de vue. Shorts et casquettes au féminin, pauses mâles et solitaires, seuls ou à deux, ou à quatre, hiératiques sur fond de perspective incendiée.

– Et après quand tout a crevé, tu crois, toi, que ça recommence ?

–  Ça recommence pas, ça continue. Tout va pas s’arrêter parce que la terre disparaît. Des terres y’en a à la pelle.

–  Dis.

–  Quoi ?

–  C’est vrai ce que tu m’as raconté l’autre soir ?

–  Quoi ?

–  Que tes vioques ont  vendu les yeux de ton frère quand il est mort.

–  Ouaih c’est vrai. Quand mon frère est mort, les vioques  ils ont vendu son cœur et ses yeux. Le reste c’est passé au feu. Au moins ça leur a fait un peu de galette.

–  Il avait quel âge ton frère ?

–  Dix huit ans.

–  Mais c’est affreux de faire des choses pareilles. Moi je veux pas qu’on me découpe.

–  Oh là la ! T’en fais des histoires toi ! On vend bien du bifteck ou de la chèvre pour nous faire bouffer, pourquoi on vendrait pas du macchabée pour nous remplacer ce qui est esquinté. D’ailleurs les chirurgiens c’est comme les carrossiers, ils préfèrent changer les capots que de passer du temps à tout rafistoler. L’important c’est d’être vivant, tu crois pas ? Toute façon, les morts c’est du foutu et foutu pour foutu autant recycler ce qui peut encore servir. Moi, je vois pas où est le problème.

– Et t’as pas peur de pas être tout à fait mort quand on te découpera ? Au cathé, on nous dit bien qu’on a une âme et l’âme tu sais où elle est toi ?

– Parce que tu vas au cathé toi ? T’as rien à foutre ou quoi?

–  C’est pas vraiment du cathé, c’est des livres, surtout pour apprendre à lire et écrire. C’est Geneviève qui organise. Elle dit que ça peut nous aider à pas trop la piler. Moi, tu vois, des jours ça me les gonfle d’y aller mais elle est très gentille Geneviève. Elle nous passe des video, elle nous prête des journaux pour qu’on se sorte un peu des idioties de la rue.

–  Ah ouaih ! Et c’est quoi ces vidéo ?

– Dépend. Des fois sur la vie des insectes, des fois sur les baleines, les requins. Et aussi des films d’exploration. Moi j’aime bien. C’est beau tu sais.

–  En attendant ton âme c’est de la belle  connerie ! On est du bif, rien d’autre. L’âme c’est comme l’huile dans un moteur. Quand tu perces les durites, çà fout le camp et tu peux rien récupérer. Sauf que l’huile au moins on la voit et tu peux sacrément te casser la gueule si tu glisses dessus. L’âme tu vois rien. Tu connais, toi, quelque chose qui existe et qu’on voit pas ? Tu vois… De la  connerie ! On est du bif, rien que du bon gros bif… La preuve c’est que ça se vend ! Alors hein… Qu’est-ce t’as ? Tu chiales ? Pourquoi tu chiales ?…

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 …Ils repartent ce soir. Ils ont la chance d’avoir pu trouver une place sur l’un des rares vols qui n’ait  pas été  annulé.

Sans même prendre  le temps de visiter la ville ! Vraiment quel dommage ! Manquer la rétrospective Rockwell !

– Rockwell ! Chéri tu  étais au courant ?

Non chéri n’était pas au courant mais en compensation  suggère de se procurer le catalogue.

– Le catalogue ? Certainement.  Mademoiselle en  aura sûrement conservé un exemplaire. N’est-ce pas Mademoiselle ?

Ne rien répondre.

S’exécuter. Impassible, raide à se briser, la bouche plus sèche que la paille.

Laisser minauder.

Attendre que le Professeur se fatigue d’agiter son hochet.

Mademoiselle fera le nécessaire. N’est-ce pas Mademoiselle ? Mademoiselle se charge de tout. N’est-ce pas Mademoiselle ? N’est-ce pas ? N’est-ce pas ? N’est ce pas Mademoiselle.

Ils sortent enfin.

Les deux ascenseurs sont bloqués.

Posé près de l’ordinateur un dossier, le  dossier « Marens d’Aurigny GMA06.07.01 » Dehors des cris d’enfants, de la chamaillerie de moineaux désaccordés.  A l’écran, le contrat Marens d’Aurigny «  somme que les soussignés s’engagent à verser en une seule fois sur le compte…. au plus tard le 30 du mois précédant l’intervention » la correspondance Marens d’Aurigny Cher Rom, ci-joint le dossier enfin complet… Laure Marens d’Aurigny est l’épouse d’un ami de longue date… Cher Rom, j’ai informé notre patiente du succès   de nos recherches. Elle n’est pas opposée à tenter l’expérience GOLD mais dans les conditions que tu connais, ce qui peut nous obliger à prendre une décision  avant la fin du mois… Cher Rom, je ne doute pas de ton génie juridique, mais je crois préférable de ne pas chercher à contourner l’aval de l’administration locale.  Notre programme…

Ne pas penser.

Créer la fiche client. Compléter  la fiche embryon. Sexe : indifférent. Tiens !  Curieux. D’ordinaire, ces messieurs dames sont plus exigeants. Nom, prénom  de la mère porteuse. Guadalupe Alvarez.

Sélectionner, imprimer.

N’être que Mademoiselle.

Ne pas écouter Viviane. Chasser Viviane.

Mais elle résiste Viviane.  Elle ouvre les fenêtres Viviane malgré le soleil  et l’air qui suffoque. Elle  décroche les mots Viviane,   brouille les chiffres,  déchire  les pensées.  Elle  trépigne, elle glapit Viviane. Elle  les  maudit Viviane, lui sa tendre légitime  et  leur rejeton de laboratoire.

Et cynique, Viviane !

Alors, comme çà, ils ont décidé de s’offrir un mioche de luxe ? Tant qu’à faire… Et ma chérie par-ci et ma colombe par-là. Elle est tellement malheureuse  la chérie ! Et ma chérie fais attention de ne pas prendre froid  et ma chérie sois un peu patiente. Et réjouis-toi ma chérie. On a trouvé le ventre où faire gonfler et lever notre moisson. Bientôt ma chérie, bientôt, tu seras comblée,  tu l’auras ton enfant, ton joujou, ta poupée. Et tu pourras être la plus fière de toutes les mamans. Mais certainement ma chérie ! Même que tu pourras le montrer ton petit, partout à qui voudra s’extasier. Eh oui Madame, c’est  du pur GOLD ! A le voir comme cela il ne fait rien de plus que les autres bébés pourtant ce n’est pas un bébé ordinaire. C’est un surdoué,  un sans défaut, si vous voyez ce que je veux dire. Parfaitement. Et  soyez sûre  Madame que  bientôt, très bientôt, il sera premier et virtuose en tout. On l’applaudira, et on se prosternera sur son passage  et on déversera des tombereaux d’or et de diamants à ses pieds. Il commandera au monde. Oui Madame ! Croyez-le ou pas, c’est la stricte vérité. Nous avons le certificat de garantie. En  cas de malfaçon nous pourrons déposer plainte contre le fabricant. C’est cela le progrès Madame…

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